Le bilan de l’épidémie continue de s’alourdir en République démocratique du Congo. Huit provinces sont touchées, tandis que les difficultés d’accès aux zones affectées et les violences contre les soignants compliquent la riposte sanitaire.

 

L’épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo (RDC) continue de susciter de vives inquiétudes. Selon les chiffres rendus publics mardi par l’Institut national de santé publique (INSP), le pays a enregistré 10 060 personnes infectées et 4 887 décès depuis le début de la crise. Les autorités sanitaires font également état de 2 684 patients rétablis.

 

Cette situation place une nouvelle fois le système de santé congolais face à une urgence majeure, alors que la maladie poursuit sa progression dans plusieurs régions du pays.

 

Huit provinces touchées par l’épidémie

 

Identifiée officiellement à la mi-mai, l’épidémie a d’abord été signalée en Ituri avant de s’étendre à d’autres provinces, portant à huit le nombre de provinces affectées.

 

Les territoires de l’est de la RDC, notamment l’Ituri et le Nord-Kivu, demeurent parmi les principaux foyers de transmission. Dans ces zones, les opérations sanitaires se heurtent à des difficultés d’accès liées aux violences armées et à l’insuffisance des infrastructures de santé.

 

Ces contraintes compliquent l’identification rapide des personnes infectées, le suivi des contacts et la prise en charge des malades, autant d’éléments essentiels pour freiner la propagation du virus.

 

La propagation du virus inquiète au-delà des frontières

 

La progression de l’épidémie suscite également des préoccupations dans d’autres pays africains.

En Ouganda, 20 infections et deux décès ont été enregistrés avant l’interruption de la transmission sur le territoire en août, selon les informations communiquées.

 

Au Nigeria, les autorités ont récemment détecté une infection chez une ressortissante suisse de 42 ans, de retour d’un séjour en Ouganda. La patiente a ensuite été transférée en Suisse pour y recevoir des soins. Les services sanitaires nigérians ont engagé le suivi de 53 personnes susceptibles d’avoir été exposées au virus.

 

Des cas ont également été signalés au Kenya, illustrant les risques de circulation de la maladie entre les différentes régions du continent.

 

Face à cette évolution, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a exprimé ses préoccupations, notamment en raison de la multiplication des zones géographiques concernées.

 

Les violences contre les soignants compliquent la riposte

 

Au-delà de la propagation du virus, la sécurité des personnels médicaux constitue un autre défi majeur. Dans la province congolaise de la Tshopo, une attaque survenue samedi contre des professionnels de santé a coûté la vie à un infirmier et fait un blessé grave parmi ses collègues.

 

L’agression serait liée à des accusations infondées selon lesquelles les soignants chercheraient à transmettre la maladie aux habitants au moyen de médicaments. À la suite de ces violences, l’établissement de prise en charge concerné a suspendu ses activités.

 

Ces incidents risquent de fragiliser les efforts de prévention et de limiter l’accès aux soins, notamment dans les communautés où circulent des informations trompeuses sur Ebola. Ils soulignent également l’importance de renforcer la sensibilisation des populations et la confiance envers les équipes sanitaires.

 

Des défis persistants pour la prévention

 

La flambée actuelle est associée à la variante Bundibugyo du virus Ebola. Selon les informations fournies, aucun vaccin spécifiquement homologué contre cette variante n’est disponible à ce jour, tandis que des recherches cliniques se poursuivent pour évaluer les moyens de protection.

 

Le vaccin Ervebo, utilisé contre une autre variante du virus, fait notamment l’objet d’évaluations dans le cadre des efforts de recherche menés en RDC.

 

Ebola se transmet principalement par contact direct avec les liquides biologiques d’une personne infectée. La maladie peut provoquer de graves complications et présente un risque élevé de décès.

 

La RDC a déjà connu plusieurs flambées de cette maladie, notamment entre 2018 et 2020, une période durant laquelle environ 2 300 personnes avaient perdu la vie.

 

Face à l’aggravation du bilan, la maîtrise de l’épidémie repose notamment sur la détection rapide des nouveaux cas, le suivi des personnes exposées, la continuité des soins et la protection des équipes médicales. L’accès aux territoires les plus vulnérables et la lutte contre la désinformation demeurent des enjeux déterminants pour limiter la propagation du virus.

 

TALLEB DE LA