Le bilan de l’attaque menée lundi soir à Nyala, dans l’ouest du Soudan, s’est alourdi. Selon l’ONG Emergency Lawyers, des enfants figurent parmi les blessés, dans un pays ravagé par une guerre qui dure depuis avril 2023.

 

Une frappe de drone attribuée à l’armée soudanaise a fait 102 morts et 113 blessés, lundi soir, sur le marché de Tanqonj, dans la ville de Nyala, au Darfour, une région de l’ouest du Soudan contrôlée par les paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR). Le bilan a été communiqué mercredi par l’ONG Emergency Lawyers, qui documente les exactions commises depuis le début du conflit.

 

Le marché, très fréquenté par les habitants, a été durement touché par cette attaque. Parmi les blessés figurent des enfants, selon l’organisation de défense des droits humains. Les premières informations recueillies auprès de témoins et d’une source médicale faisaient état de 21 morts et de 40 blessés, avant que le bilan ne soit revu à la hausse.

 

La frappe a plongé plusieurs familles dans le deuil. Hamdane Souleimane, qui a perdu son fils de 19 ans dans l’attaque, a témoigné auprès de l’Agence France-Presse (AFP) : « J’ai perdu mon fils de 19 ans dans la frappe. Nous l’avons enterré aux côtés de plus de 70 corps dans une seule fosse. »

 

Zahra Hamidane, une vendeuse installée sur le marché, a également rapporté la mort de plusieurs travailleurs à proximité de son étal de nourriture.

 

Les frappes de drones se multiplient

 

Depuis avril 2023, le Soudan est plongé dans une guerre opposant les Forces de soutien rapide à l’armée régulière. Le conflit a progressivement gagné plusieurs régions du pays, tandis que les deux camps recourent de plus en plus aux drones pour mener des opérations loin des lignes de front.

 

L’armée soudanaise mène régulièrement des frappes sur Nyala, où les FSR ont établi une autorité rivale de celle du gouvernement reconnu par la communauté internationale et basé à Khartoum.

 

Cette évolution des combats accentue les risques pour les populations civiles. Selon un décompte des Nations unies, les frappes de drones ont fait plus de 300 morts et des centaines de blessés au cours des trois premières semaines d’octobre.

 

Une crise humanitaire majeure

 

Au-delà des pertes humaines, la guerre a provoqué des déplacements massifs de populations et une crise alimentaire d’une ampleur exceptionnelle. Les affrontements et les attaques contre des zones habitées continuent ainsi d’aggraver les conditions de vie des civils.

 

Depuis le début des hostilités, le conflit aurait fait plus de 200 000 morts, selon les estimations des travailleurs humanitaires. Le Soudan reste confronté à l’une des crises de famine et de déplacements de populations les plus graves au monde, alors que les violences continuent de frapper les communautés civiles.

 

PV