| À l’occasion du premier anniversaire des violences survenues après la présidentielle du 29 octobre 2025, la Tanzanie rend hommage aux victimes dans un contexte de tensions politiques persistantes et de fortes attentes en matière de justice. |
Un an après les violences qui ont suivi l’élection présidentielle du 29 octobre 2025, la Tanzanie se souvient des victimes. À Dar es Salaam, l’Église catholique a organisé des messes en mémoire des personnes tuées lors de la répression des manifestations postélectorales.
Le bilan humain demeure controversé. Une commission mise en place par le gouvernement fait état de 518 morts, tandis que l’opposition et des organisations de défense des droits humains avancent des estimations bien plus élevées, évoquant plusieurs milliers de victimes.
Ces violences avaient éclaté dans la foulée de la réélection de la présidente Samia Suluhu Hassan, créditée de 98 % des suffrages. Le scrutin avait été marqué par l’exclusion d’une grande partie de l’opposition, suscitant de vives contestations.
Face à cette situation, le principal parti d’opposition, le Chadema, a décrété sept jours de deuil. De leur côté, les organisations de défense des droits humains dénoncent des arrestations arbitraires et des poursuites judiciaires visant des voix critiques du pouvoir.
La situation judiciaire de l’opposant Tundu Lissu constitue également un point de tension. Son procès pour trahison, dont le verdict est annoncé pour le 6 novembre, retient l’attention dans un climat politique toujours tendu.
Alors que les appels au dialogue et à la réconciliation se multiplient, de nombreuses familles attendent encore que les responsabilités soient établies et que justice soit rendue aux victimes.
Un an après les événements, la question de la justice demeure ainsi au cœur des préoccupations, dans un pays confronté au défi de restaurer la confiance et d’apaiser les tensions politiques.
PV