| Une enquête officielle attribue ces décès survenus en septembre à Minna, dans l’État du Niger, aux conditions de détention déplorables. Le rapport dénonce notamment la surpopulation, le manque de ventilation et les défaillances de surveillance. |
Au Nigeria, une enquête officielle a conclu que les mauvaises conditions de détention étaient à l’origine de la mort de 33 jeunes hommes arrêtés pour exploitation illégale d’or dans l’État du Niger, au centre du pays. Les victimes sont décédées en septembre dans une cellule de Minna, la capitale de cet État, après leur arrestation par le Corps nigérian de sécurité et de défense civile (NSCDC), une agence paramilitaire gouvernementale.
Présentant les conclusions du rapport aux autorités, Jonathan Kure, chef de l’équipe d’enquête, a qualifié les faits de « tragédie carcérale évitable ». Selon la commission, les décès résultent d’une combinaison de facteurs, notamment une surpopulation extrême, une ventilation insuffisante, des conditions de détention inadaptées et un manque de surveillance.
Les examens médicaux et médico-légaux indiquent que les victimes sont mortes d’une asphyxie provoquée par un confinement prolongé dans une cellule gravement surpeuplée et mal ventilée, aggravée par la chaleur et la déshydratation.
Des détenus entassés dans une cellule exiguë
D’après les témoignages des survivants, plusieurs dizaines de personnes avaient été entassées dans une cellule de dimensions réduites. Certains détenus ont affirmé qu’une substance irritante avait été pulvérisée à l’intérieur avant que la porte ne soit refermée.
Malgré les appels à l’aide et les coups frappés contre la porte, les gardiens n’auraient pas réagi, selon ces témoignages.
Pour Jonathan Kure, les circonstances de cette tragédie étaient prévisibles. « Ces circonstances constituaient un traitement cruel, inhumain et dégradant », a-t-il déclaré, estimant que les décès auraient pu être évités.
Les conclusions de l’enquête mettent ainsi en cause plusieurs défaillances dans les conditions de détention et la surveillance des personnes incarcérées.
Quatorze mineurs parmi les victimes
Le bilan définitif établi par la commission fait état de 33 morts. Les autorités de l’État du Niger avaient initialement annoncé 37 décès, mais la vérification des registres et l’identification des victimes ont permis de ramener ce chiffre à 33.
Parmi les personnes décédées, 14 étaient des mineurs, un élément particulièrement préoccupant au regard des circonstances du drame.
Les victimes avaient été arrêtées dans le cadre d’opérations liées à l’exploitation illégale de l’or. Leur décès en détention soulève des questions sur les conditions dans lesquelles elles étaient maintenues et sur les mécanismes de contrôle au sein des centres de détention.
Un appel à des mesures correctives
À l’issue de ses travaux, la commission d’enquête recommande l’adoption de mesures correctives afin d’éviter que de tels événements ne se reproduisent dans les centres de détention nigérians.
Cette affaire met en lumière les conséquences potentiellement mortelles de la surpopulation carcérale, du manque d’aération et des défaillances dans la surveillance des détenus.
Au-delà du bilan humain, les conclusions de l’enquête placent la prévention de nouvelles tragédies et l’amélioration des conditions de détention au cœur des enjeux auxquels les autorités nigérianes doivent répondre.
P V